dimanche 5 février 2017

TOMBER DU RADEAU


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Voilà comment je vais tâcher d'illustrer en photos l'impression que j'ai eue et quelques réflexions qui me sont venues à l'esprit à la suite des événements survenus dimanche soir dernier, à Québec, et que j'ai de la misère à nommer tellement j'ai été déstabilisée. J'ai vraiment eu l'impression de...

TOMBER DU RADEAU

... mais je me suis relevée.  

Je vais finir par arrêter de le dire et passer à l'action : Je ne devrais pas écouter le Téléjournal avant de dormir, c'est très toxique. En tout cas, dimanche soir dernier, je n'aurais pas fait d'insomnies si je n'avais pas su en grande primeur ce qui s'était passé dans la soirée lors de cette tuerie qui a fait 6 morts et plusieurs blessés dans cette mosquée de Québec, où des gens s'étaient réunis pour prier. Que des tragédies pareilles surviennent ailleurs dans le monde me blesse déjà beaucoup et trop souvent mais quand c'est chez nous que ça se passe, là, c'est ma société québécoise qui avait commencé à me faire peur. Oui, j'ai eu peur de nous, je ne m'en cache pas, je me suis sentie comme une étrangère dans mon propre pays. 

La société québécoise dans laquelle je me reconnais, elle est faite d'ouverture aux autres, de pionniers qui carburent à la solidarité et à l'entraide, au courage de se relever les manches et de construire ensemble quelque chose de mieux. Dans une région comme la mienne, on vient tous d'ailleurs et on contribue chacun à notre façon à apporter quelque chose de différent pour « habiter » ce pays dans tous les sens du mot. 

Lundi, dans la journée, j'étais branchée les zoreilles grandes ouvertes sur la radio, la télé, les réseaux sociaux, j'avais vraiment besoin de comprendre ce qui venait de nous arriver. Même chose lundi dans la soirée. 

Spontanément, des vigiles se sont organisées dans plusieurs villes du Québec. On avait besoin de lumières, de câlins, de chaleur humaine dans cette froidure de janvier qui nous glaçait le sang, on avait besoin aussi de mains tendues, d'esprits ouverts, de conscience sociale, et finalement, on avait besoin d'être ensemble et de se rassurer. L'un de mes amis a lancé ici un appel à tous, organisant à la hâte, Place de la Citoyenneté, à Rouyn-Noranda, une vigile où plusieurs sont allés s'abreuver à la source, essayer de remonter tant bien que mal sur le radeau de sécurité et de paix qui nous échappait désespérément. 

Stéphane Laporte, dans La Presse, écrivait une phrase qui rejoignait mon état d'âme dans cette tourmente : « On croyait être la patrie de la paix. Mais rien n'est jamais acquis. Ça va prendre encore plus d'amour. » 

Mardi matin, Yves Boisvert, toujours dans La Presse, a écrit un texte qui m'a fait du bien à lire, dont voici un extrait : « Mais hier soir, dans le froid, à la lueur de quelques chandelles, des milliers étaient là pour dire notre commune humanité ». 

Mais c'est un ami des Îles de la Madeleine qui, me racontant ce qui s'était passé lundi soir chez eux, a fini par mettre un peu de baume sur cette plaie vive que je ressentais. Je vous résume ça dans mes mots...

Comme à plusieurs autres endroits, en réaction aux événements de la veille, aux Îles, lundi soir, par un vent d'hiver qui fouettait l'archipel et un froid humide qui sévissait, on a organisé spontanément une vigile dans l'île centrale, à Cap-aux-Meules, et le lieu du rendez-vous était fixé au centre communautaire. On avait juste oublié qu'il y avait une soirée de bingo ce soir-là et qu'il n'y aurait pas de stationnement suffisant pour tout le monde alors on a changé de place et on est tous allés à l'église St-André. Comme le prêtre faisait partie de la cinquantaine de personnes venues à cette vigile et qu'il avait les clés de l'église, il a offert à tout le monde d'entrer à l'intérieur puisqu'il faisait un temps à ne pas mettre un chien dehors. 

Et c'est là que s'est produit quelque chose de très beau : Les gens présents se sont tous placés en cercle autour de l'autel, se tenant par la main et ils se sont mis à chanter « Quand les hommes vivront d'amour/Il n'y aura plus de misère/Et commenceront les beaux jours/Mais nous, nous serons morts, mon frère... »  

Ils ont chanté tous ensemble (ça, c'est bien les Madelinots tels que je les connais, tels que je les aime!...) cette chanson qui nous ressemble et qui nous rassemble, qui ouvre les coeurs et les esprits, qui nous empêcherait même de sombrer dans les moments difficiles. Parce que oui, une société c'est comme une personne, elle doit vivre parfois des moments difficiles pour arriver à comprendre quelque chose avant de pouvoir continuer d'avancer. On a mal sur le coup, on perd des illusions, on se remet en question et on s'aperçoit qu'on a encore de l'ouvrage à faire, on se dépêche alors de se retrousser les manches et on passe à l'action, il y a des affaires à comprendre là-dedans. Ne perdons plus de temps à se justifier et s'expliquer, regardons plutôt comment on pourrait faire mieux. Ça s'appelle de la résilience et certains peuples, comme certaines personnes, en ont plus que d'autres.  

C'est tout de suite après avoir appris ça, mardi dans la journée, que j'ai décidé de me fermer à ce qui se disait, s'écrivait, s'étalait avec plus ou moins d'émotions trop vives à la radio, la télé, les journaux, les médias sociaux. Je n'étais plus capable d'en prendre, je voulais rester sur ces images et cette chanson entonnée avec tant de force et de solidarité qui me faisaient du bien à imaginer comme si j'avais été là, avec eux. J'avais besoin de temps pour essayer d'intégrer tout ça et d'en dégager un peu d'espoir à venir,  peut-être, à condition de faire une bonne analyse sérieuse et non complaisante. 

Gilles Vigneault chantait : « Il me reste un pays à comprendre... » et je lui laisse le mot de la fin.  

mardi 24 janvier 2017

DIX ANS!

Eh oui, c'est aujourd'hui que ça fait dix ans! J'avais publié une photo et un tout petit petit petit premier billet, tout discret, sur mon blogue, Chez Zoreilles, le 24 janvier 2007.

J'aurais tant à en dire de cette aventure et en même temps, je ne saurais pas du tout par quel bout commencer. Pour une fois, je serai peu volubile, je me ferai aussi discrète que la première fois en publiant quelques photos que j'ai pigées tout à l'heure sans les analyser et sans nécessairement faire de liens. Je ne les commenterai presque pas non plus, de toute manière, vous connaissez tout de moi si vous me lisez encore. Et vous êtes ceux et celles qui me connaissent vraiment le mieux parce que c'est ici que je me dévoile le plus. Alors, je vous donne congé de lecture, ce sera ma façon à moi de vous dire merci d'être encore là. 


Au cours de ces 10 ans, j'ai souvent choisi des photos de nous en train de nourrir les pies (geais gris). 


En famille ou entre amis, on était souvent autour de la table, dans un campe ou dans l'autre, avec un verre de vin, à déguster des repas simples, comme du bon doré frais pêché.  


Je vous ai si souvent parlé de mes deux petites-filles. Nous aimons toutes les trois les livres et les histoires. 


Il y a des paysages qui racontent des histoires qui n'ont pas besoin de mots. 


Des aventures que j'aimais partager. 


Il y a eu des moments où, à partir d'une simple photo, je laissais vagabonder mes souvenirs et je me projetais dans l'avenir. 


Je vous ai souvent parlé de nos traditions familiales, comme la crème glacée après un spectacle. 


Papi aussi participe autant que Mamie aux aventures et aux traditions, aux projets fous et aux coups de coeur. 


Si j'ai déjà, à l'époque, partagé la scène avec ma petite Isabelle, aujourd'hui, c'est elle la jeune maman qui partage la scène avec sa petite Félixe. Le temps passe, la roue tourne. 


Dix ans, dix photos où je suis très présente, moi qui aime mieux d'habitude être derrière le kodak que devant. Mais j'avais un anniversaire très spécial à fêter, ici, avec vous. 

jeudi 12 janvier 2017

AUTRE ÉPOQUE!

Je commence ce billet avec ces mots écrits de la main de ma mère, mots que j'avais dû apprendre par coeur, il y a de cela plusieurs années, pour livrer l'hommage qu'elle avait rédigé pour une fête familiale où tous étaient rassemblés à l'occasion du 40e anniversaire de mariage de mes grands-parents maternels. C'était au début de l'année 1968, j'avais 10 ans, et ces mots-là me sont restés gravés dans le coeur ainsi que tous les sentiments et émotions vécus ce soir-là et qui ont imprégné à tout jamais ma conception de la vie, telle qu'elle se déroulait à l'époque et qu'il est encore possible, moyennant de la bonne volonté, d'en garder l'essentiel si on le veut vraiment aujourd'hui. 

AUTRE ÉPOQUE!

« Avant de s'évanouir dans les brumes du passé, le joyeux cortège des Fêtes de Noël et du Nouvel An nous invite à laisser libre cours à une joie profonde et toute intime. 

D'où vient que l'on éprouve toujours bonheur nouveau à exprimer des souhaits déjà anciens? Oh c'est que l'amour et la reconnaissance sont des sentiments qui ne vieillissent pas mais qui, au contraire, prennent plus d'intensité et de chaleur à mesure que le temps fuit... » (extrait d'un texte écrit par Rita Poirier, janvier 1968). 

La suite était très belle aussi, riche de gratitude, d'affection, de reconnaissance, d'amour filial et mes grands-parents en avaient été émus au point d'en avoir les yeux dans l'eau tous les deux, comme toute leur grande famille d'ailleurs. Je me souviens que je ne m'autorisais pas à les regarder pendant que je rendais le texte de Maman, sinon je n'aurais pas pu aller au bout de cet hommage qu'ils méritaient tellement. Mais comme ce qui ne s'exprime pas s'imprime, je n'ai rien oublié et ces mots me reviennent souvent en début d'année surtout, pour me rappeler qu'il est important une fois de temps en temps d'apprécier ce qu'on a et ce qui nous rend heureux. 


Le 24 décembre dernier, en début de soirée, notre réveillon de Noël débutait par la remise des papillotes de Noël de Félixe. Elle avait tellement hâte! La première papillote qu'elle a donnée, c'est à sa petite soeur, Blanche. Je l'aurais parié!


Sa deuxième, sans surprise, était celle de sa Maman. 


Sa troisième, à son Papa, encore là, sans surprise pour moi, elle a une si belle relation avec ses deux parents. 

Ensuite, ce fut le tour de ses 4 grands-parents, son oncle François, etc. Quelques jours avant, lors de sa dernière journée d'école, elle en avait remis 5 et très personnalisées encore une fois, à ses meilleures amies et ce, très discrètement, pour ne pas faire de peine à celles qui n'en avaient pas. On en avait beaucoup discuté ensemble et je trouvais important que dans sa joie d'offrir, elle n'oublie pas qu'il fallait être inclusive... ou alors très discrète. Elle m'avait expliqué que si elle en aimait beaucoup d'autres que ces 5 amies là, celles à qui elle offrait des papillotes de Noël étaient celles qu'elle considérait comme étant les plus proches. Elle m'a dit textuellement « celles qui me touchent le plus » et je comprenais tout à fait ce qu'elle voulait dire. Moi aussi, j'en ai des amies comme ça, « celles qui me touchent le plus »! 

De voir sa joie de donner, d'avoir accès aux sentiments qui l'animaient, pour moi, ce fut un véritable cadeau, particulièrement cette année, à cause de sa grande implication dans le projet qu'elle s'est approprié et qui est devenu « sa » tradition du mois de décembre. 


Le 24 décembre dernier, en avant-midi. Il y avait de la belle neige à bonhomme fraîchement tombée et pour faire patienter les petites jusqu'au soir, en même temps qu'on donnait un coup de main à nos enfants qui s'affairaient à préparer le souper, on a été aider à déneiger leur grand escalier extérieur de pierre (celui au bas duquel je m'étais cassé le pied cet automne!...) leur cour et leur stationnement. Par la même occasion, on a décidé de faire un gros bonhomme de neige avec les petites. J'aime la complicité incroyable qu'il y a entre mes deux petites-filles. Je dis merci à la Vie pour cela aussi. Remarquez que Blanche ne laisse jamais de côté son bébé. Son papa, Dominic, dit qu'elle se l'est fait greffer dans le bras gauche! 

Ce fut un temps des Fêtes axé sur le plein air et les joies toutes simples avec glissades, rencontres familiales, petite virée au campe les 29, 30 et 31 décembre, soupers de famille les 31 et Jour de l'An, etc. 

L'un des beaux moments que nous avons vécus ensemble et qui appartient lui aussi à une autre époque, je vous le raconte aussi simplement que ça s'est passé. On était tous les 6 au campe depuis le 29 décembre : Crocodile Dundee, moi, Isabelle, Dominic, Félixe et Blanche. Au matin du 31 décembre, comme on discutait tout bonnement de la logistique de transport à mettre en place pour notre retour en ville pour ce grand souper de famille, on appréhendait un peu la longue randonnée en motoneige par ce froid sibérien jusqu'à nos voitures stationnées au barrage de Rapide Deux. Tout à coup, entre deux toasts au Nutella sur le poêle à bois, Isabelle dit à son père : « Là, Papa, on est entre nous, en pyjama, les couettes dans les airs, on a bien dormi et on est heureux, il fait chaud, le café est bon, alors, même si c'est pas le Jour de l'An encore, j'aimerais ça que tu nous donnes ta bénédiction! » 

Est-ce que je vous ai dit déjà que notre fille demande la bénédiction à son père chaque année au Jour de l'An? Eh oui, elle a reçu la bénédiction paternelle de ses deux grands-pères alors qu'elle était petite et cette tradition, elle l'a fait sienne depuis.  

Pour elle comme pour Crocodile Dundee, la bénédiction paternelle du Jour de l'An ne revêt pas le caractère religieux (ou si peu) comme ce que nous avons connu, nous, avec nos grands-pères d'abord et nos papas par la suite, mais quand même, c'est un moment unique, un rituel empreint d'affection et d'admiration chaque année. Quelques mots d'amour, des souhaits chaleureux et une certaine gratitude envers la Vie nous remplissent de quelque chose de précieux et de doux qui finit toujours par des gros câlins, des sourires attendris et des regards aimants. On a même notre petite danse rien qu'à nous pour sceller ce moment avec un grand éclat de rire... et ainsi on s'assure de ne pas pleurer, parce qu'on est tous des ti cœurs sensibles. On est de même, nous autres!

Au fait, je ne sais pas trop lequel d'entre nous a inventé cette petite danse...  On ne la fait que dans les grandes occasions. C'est comme un gros câlin familial qui rit, qui saute et qui chante. On fait une petite ronde, où on est tous collés-collés. Pour que les petites soient de la même grandeur que nous, on les porte dans nos bras. Là, on saute en tournant et en chantant : « Toute la famille est réunie, toute la famille est réunie, toute la famille est réuniiiiiiiiiiiiiiiiiiiie, TOUTE LA FAMILLE EST RÉ-U-NIE! »

VRAIMENT D'UNE AUTRE ÉPOQUE!

J'ai défait mes décorations et mon sapin de Noël plus tard que d'habitude cette année. Normalement, c'est la première chose que je fais le 2 janvier au matin mais cette année, comme nous partions en forêt, Crocodile Dundee et moi, du 2 au 4 janvier, c'est seulement le 5 au matin que je me suis lancée là-dedans. Mais pour mes cartes de Noël, ah là, j'étais incapable de les décrocher de ma « corde à linge » jusqu'à ce matin. Pourquoi? Parce que j'aime les relire et je le fais souvent. C'est plein d'amour et d'amitié là-dedans.   


Une partie des cartes de Noël reçues chez nous cette année... 

L'autre partie... 

Il fallait bien un jour que j'en vienne à les décrocher, ce que j'ai fait tout à l'heure après avoir pris ces deux photos mais ne comptez pas sur moi pour en disposer dans le bac de recyclage. Pas question! Je les garde toutes, bien enrubannées dans la corde à linge, comme je le fais chaque année. C'est plus fort que moi. Je pourrai les relire encore et encore. 

J'en ai des faites à la main, des brillantes, des colorées, des anciennes, des contemporaines, des futuristes, des artistiques, des nostalgiques, une musicale même, et toutes sont écrites comme des lettres. Des belles lettres manuscrites, en plus! Elles nous ont été postées de la Corée du Sud, des Îles de la Madeleine, de Baie Comeau, Berthier-sur-Mer, Québec, Beauport, Mont-Saint-Hilaire, Montréal, Boisbriand, St-Jérôme, Ville-Marie, Chibougamau, Matagami, Amos et bien sûr, quelques-unes sont de Rouyn-Noranda. Ce n'est pourtant pas parce que c'est loin, certaines nous proviennent de trois coins de rue d'ici mais on peut y lire des mots qu'on n'avait jamais entendus de vive voix, des mots qui s'écrivent, des mots qui restent, qu'on aime à relire... 

On a reçu plusieurs cartes virtuelles aussi mais ce sont celles qui ne sont pas 2.0 qui sont pour moi, comme le dirait Félixe, « celles qui me touchent le plus! »

Que voulez-vous, je suis... d'une autre époque!  

mercredi 14 décembre 2016

EN ATTENDANT NOËL...

EN ATTENDANT NOËL...

Voici des petites nouvelles...




Vous voyez ça? Eh bien, c'est du passé! C'était juste avant qu'on parte à Amos, Crocodile Dundee et moi, au matin du 21 novembre dernier. On allait m'enlever mon plâtre et j'avais rendez-vous avec l'orthopédiste, à l'hôpital où je suis née, celui d'Amos. Même si les nouvelles n'étaient pas celles que j'espérais, qu'une tempête de neige avec bourrasques et poudreries faisait rage dans notre région au point de paralyser à peu près tout, je garde de cette journée un souvenir précieux et chaud parce qu'on avait rendez-vous pour dîner avec nos amis amossois qui ont bravé les intempéries pour venir à notre rencontre. On aurait pu se manquer complètement puisque le resto où l'on avait rendez-vous était fermé ce jour-là mais puisque parfois la vie fait bien les choses (une synchronicité incroyable est venue à notre secours) on s'est retrouvés ensemble bien au chaud malgré l'improbabilité de la chose et on a vécu quelque chose de tendre et généreux : l'amitié qui réchauffe, le bonheur de se retrouver et le plaisir d'échanger autour d'un bon repas, sur une foule de sujets qui nous animent. Cela m'avait tellement consolée... 

Au cours de l'avant-midi, l'orthopédiste m'apprenait que ma fracture n'était pas encore bien consolidée... Il m'avait proposé de me l'immobiliser à nouveau. Je lui avais demandé presqu'en le suppliant s'il y avait une autre option qu'un deuxième plâtre! Il a accepté moyennant bien des promesses de ma part mais il veut me revoir au début de l'année 2017 sans faute. J'ai dû prolonger une semaine de plus en béquilles, n'étant pas capable de me supporter du tout sur mon pied au début. Ensuite, j'ai troqué les béquilles contre une canne pour un autre bout de temps et là, je suis sur mes deux pieds depuis deux semaines. Je crois être sur la bonne voie, malgré une petite douleur constante quand je me déplace et une démarche... encore un peu boîteuse. 


Photo prise samedi dernier alors qu'on terminait nos papillotes. À mon grand étonnement et, je l'avoue, avec une vague de gratitude immense dans mon coeur de mamie, Félixe tenait à refaire pour la troisième année consécutive le projet « papillotes de Noël » avec moi. Je lui avais proposé ce projet alors qu'elle n'avait que 5 ans et on avait eu tellement de plaisir ensemble tout au long de la création de ces petits paquets personnalisés, emballés comme des bonbons, pour chacune des personnes qu'elle aime! Elle avait voulu reprendre l'idée pour Noël 2015 et cette année encore, elle a commencé à m'en parler au début novembre, tellement elle avait hâte. Elle me disait qu'elle avait plein d'idées nouvelles, elle ramassait déjà ses rouleaux de papier de toilette vides (eh oui, c'est la base des papillotes qu'on remplit de toutes sortes de choses) et elle avait de nouveaux noms à ajouter à sa liste. Ce sont des petites amies qui prennent de plus en plus de place dans son coeur. Elle m'expliquait pourquoi elle les aime, chacune d'entre elles, pour des raisons différentes. 


Elle prenait ça au sérieux encore plus cette année. J'ai bien vu comment elle s'est appropriée le projet. D'abord, disait-elle, il fallait faire notre recherche sur Internet pour avoir plein d'autres idées et c'est ce qu'on a fait. Moi, là-dedans, je suis complètement à son écoute, après tout, c'est son projet, pas le mien, donc mon rôle, c'est celui d'une facilitatrice, surtout qu'elle prenait beaucoup plus d'initiatives et d'autonomie cette année. Bravo, ça me permet de voir évoluer ma petite-fille qui intègre plein de notions et ce, à tout point de vue. Comme elle sait écrire maintenant, elle a fait sa liste elle-même avec des petites notes personnalisées pour chacun, elle a voulu qu'on aille ensemble acheter ce dont on avait besoin, etc. Puisqu'elle a pris part à toutes les étapes, il m'a semblé que sa fierté était encore plus grande que lors des années précédentes. 


Mission accomplie pour Noël 2016, Félixe a voulu prendre un selfie de nous deux (oui, je sais, on doit dire égoportrait!...) Elle est bien de son époque, celle-là! Ces cadeaux de Noël qu'elle tient à offrir à ceux qu'elle aime sont en réalité des petits trésors qu'elle choisit avec soin, selon leurs goûts et leurs préférences, et ce que je trouve le plus beau là-dedans, c'est qu'elle reste à l'écoute d'eux tout au long de l'année en prévision de ça. Parfois, elle me pique un clin d'oeil lorsque quelqu'un de son entourage fait une remarque qui pourrait nous servir. On a développé dans ce projet une grande complicité. Et ce qui me touche plus que tout, c'est qu'elle connaît ce qu'est la joie de donner aux autres et que si comme tous les enfants, elle a hâte à Noël, c'est pour donner autant que recevoir. Je trouve que c'est là le vrai sens de cette fête de Noël : un temps de partage. 

L'autre jour, Crocodile Dundee m'a dit quelque chose qui m'a fait chaud au coeur : « Tu as semé quelque chose dans son coeur qui ne s'effacera jamais » et je lui ai répondu « J'espère bien! » alors, sans dire un mot de plus, on avait les yeux humides tous les deux...  


Une photo d'hiver de l'année dernière. Une photo d'hiver qui réchauffe puisqu'on y voit un feu qui rassemble, qui procure un moment de paix et de silence, au coeur de la forêt boréale. C'est que je viens de lire dans mon journal local un article dans lequel Éric-Emmanuel Schmitt était cité, lors de son passage dans notre région récemment pour présenter sa pièce de théâtre « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran ». Ce romancier, dramaturge et cinéaste de renommée mondiale nous a fait l'honneur de venir présenter ici cette création d'une portée internationale. Nos enfants (je parle d'Isabelle et Dominic) ont tenu à aller assister à ça. Crocodile Dundee et moi, on avait été garder nos petites-filles ce soir-là, sinon on y serait allés aussi. J'ai beaucoup aimé ce que ce grand Monsieur a déclaré lors de sa venue chez nous, lui qui a fait probablement le tour du monde à quelques reprises : « J'ai traversé un grand désert blanc en avion avant d'arriver ici, c'était très impressionnant. J'ai l'impression que plus on va dans un pays froid, plus les gens sont chaleureux. Ici, je sens un véritable souci de vivre ensemble, de créer de l'harmonie. Je sens une vraie énergie, doublée de curiosité et d'ouverture » a-t-il témoigné. 


C'était le 1er décembre dernier et la lutine Mélodie a fait son apparition chez mes deux petites-filles, Félixe et Blanche. C'est leur maman Isabelle qui a pris cette photo avec son téléphone ce matin-là et elle m'a donné la permission de la partager avec vous. C'est ma façon à moi de vous souhaiter un très Joyeux Noël et des jours heureux d'ici là, dans vos préparatifs, en ayant dans le coeur et à l'esprit tout ce qui pourrait faire plaisir à ceux que vous aimez. 

L'essentiel ne se trouve pas dans les magasins, ça, vous le savez autant que moi. Le temps est une denrée rare et précieuse pour tout le monde. Si vous donnez un peu du vôtre, ça fera le bonheur de quelqu'un, j'en suis certaine. Ajoutez-y une chanson ou deux, un petit mot doux peut-être, une carte de voeux, un câlin, une photo, un souvenir partagé, un petit pot de caramel maison (je connais une recette qui se fait en 3 minutes avec 3 ingrédients seulement, faites-moi signe si vous la voulez) partez avec vos papiers d'emballage/rubans/choux recyclés et allez emballer les cadeaux d'une personne âgée, aidez-là à faire des petites décorations de Noël chez elle, surtout si elle vous dit qu'elle n'a pas le goût d'en faire. Allez pelleter la galerie ou le balcon d'une personne proche de chez vous, dégagez son auto, ça lui fera une surprise et elle ne saura pas qui remercier, sauf si vous lui dites bonjour en passant. Je collectionne ce genre d'idées ces temps-ci, en avez-vous d'autres à me proposer? Je suis preneuse!

jeudi 17 novembre 2016

RIEN QUE SUR UNE PATTE!


Le 25 octobre dernier, c'est ma soeur Céline (toutes mes belles-soeurs sont devenues mes soeurs depuis 40 ans que je suis la compagne de leur seul frère!...) qui a pris cette photo de moi avec mon plâtre au restaurant d'Amos où nous étions allées bruncher à ma sortie de l'hôpital où je suis née, celui d'Amos. 


Dimanche matin, le 30 octobre, j'allais avec Félixe au Ciné-muffin dans le cadre du Festival du cinéma international de chez nous. Ce n'est sûrement pas parce que j'étais en béquilles et temporairement handicapée que j'allais passer à côté de la tradition qu'on a mis en place depuis de nombreuses années. 

RIEN QUE SUR UNE PATTE!

Les premiers jours et premières semaines après l'incident, je n'en pouvais plus de répondre à la question : « Mais voyons, Francine, qu'est-ce qui t'est arrivé? » mais là, à quelques jours de ma libération, ça ne me dérange plus autant d'en parler, je vais même prendre les devants pour vous le raconter!

Le dimanche 23 octobre, ma fille qui est très occupée par son travail et ses études en plus d'être maman de deux enfants en bas âge, passait la journée à l'urgence avec sa plus jeune qui était fiévreuse et moche depuis le début de la fin de semaine. Pendant ce temps, je passais du bon temps avec sa plus vieille. Je lui avais offert de préparer le souper pour nous tous, qu'on se retrouverait chez nous pour un petit souper rapide du dimanche soir comme on fait souvent. Elle a accepté mon offre, ça l'arrangeait. 

Vers 17 h 30, elle m'appelle pour me demander si ça me dérangeait d'apporter plutôt mon souper chez eux étant donné que la belle Blanche était toujours moche et fiévreuse même si on ne lui avait rien trouvé à l'urgence après avoir analysé son état de santé. Félixe et moi, on a apporté tout le souper à leur maison et ce fut un beau petit souper de famille. 

À 19 h 30, après la vaisselle, je les laisse à l'heure des bains et des dodos des petites et comme ils ont un grand escalier extérieur en pierres, je fais un petit coup vite, un voyage de paresseuse comme on dit. J'ai les bras chargés de tous mes plats en pyrex vides, la bouteille de vin qu'on n'a pas ouverte finalement et  mon sac à main qui contient à peu près tout ce dont j'aurais besoin sur une île déserte et quoi encore! Je ne voyais pas trop en avant de moi avec les bras si chargés, je pense avoir manqué la dernière marche... Le pied droit m'a tordu, j'ai piqué par en avant avec une élégance qui devait être belle à voir, dommage qu'il n'y avait pas de témoin...

Mon pied droit me faisait affreusement mal. J'ai regardé derrière moi toutes ces marches et je n'avais pas le goût de les remonter. J'avais mal au genou gauche aussi ainsi qu'à la main droite avec laquelle j'avais amorti ma chute. J'avais juste le goût de m'en aller chez nous pour constater les dommages mais j'avais envie de rire quand j'ai réalisé que je n'avais rien cassé de tout ce bazar que je transportais. Rien du tout. Pas même la bouteille de vin que j'étais contente d'avoir réchappée! Elle me porterait bonheur que je me disais, elle avait été sauvée de la catastrophe. 

Une fois à la maison, j'ai constaté que malgré les blessures que j'ai nettoyées à mon genou gauche et ma main droite, je n'avais pas déchiré mes jeans ni même sali mon manteau. Mais mon pied droit était enflé, je n'étais pas capable de me supporter dessus du tout, je sautais sur un pied pour mes déplacements réduits au minimum. Je croyais avoir une bonne entorse. 

La nuit se passe, je ne dors pas beaucoup. Le lendemain matin, je décide d'aller à l'urgence chez nous, à Rouyn-Noranda. Je me déplace toujours sur mon pied gauche, en traînant le pied droit, je me dis que j'aurai besoin des béquilles pour les prochains jours. On m'envoie passer une radiographie et le verdict tombe : fracture du 5e métatarse, l'os est même déplacé. Vu l'heure tardive dans la journée, on m'envoie en orthopédie à l'hôpital d'Amos le lendemain. Il faut que j'y sois à 7 h 45 et j'ai un bon 90 minutes de route à faire. Ah c'est vrai, dans ma région, il faut que je vous le rappelle, on compte toujours les distances en temps et non en kilomètres. Crocodile Dundee étant absent de la maison pour une bonne semaine, je demande à Céline si elle veut bien m'accompagner. Elle accepte gentiment. Comme une sœur. Elle me dit en plus qu'elle est ravie de me rendre la pareille puisque dans la dernière année, c'était moi qui l'avait accompagnée à Amos à deux reprises.

On me disait à l'hôpital de Rouyn que je devais rester à jeun au cas où l'on déciderait de m'opérer à Amos le lendemain. On m'interdisait entretemps de me supporter sur mon pied, on m'avait fait un demi-plâtre temporaire et on ne voulait même pas que j'aille récupérer ma voiture dans le stationnement pour aller me louer des béquilles à la pharmacie et revenir chez moi. J'ai donc appelé mon super gendre Dominic à mon secours puisqu'il me l'avait offert. Il est venu à ma rencontre en taxi, c'est ma fille qui avait l'auto ce jour-là. Je lui ai remis les clés de ma voiture, ensuite il est venu me chercher à la porte de l'urgence, il voulait me prendre dans ses bras pour m'amener à l'auto mais je n'ai pas voulu, je lui ai dit de garder ça pour ma fille, on a beaucoup ri. Il a été me louer des béquilles à la pharmacie, il me les a ajustées à ma grandeur, est venu me reconduire à la maison et il est reparti seulement quand je l'ai supplié de retourner à son travail. Un bon fils pour sa belle-mère!

Alors mon sourire sur la première photo en est un de soulagement. À Amos, ils sont forts en orthopédie, ce sont des pros. Pas eu besoin d'opération. Ouf! Pour me faire un plâtre, on m'a proposé un plâtre synthétique, moins lourd. Pour un petit surplus de 60 $, c'est ce que j'ai choisi. J'avais même le choix de la couleur! Deuxième bonne nouvelle de la journée, moi qui pensais que j'en aurais pour 6 semaines, on me disait qu'on voulait me revoir le 21 novembre, ce qui donnait 4 semaines plutôt que 6, j'étais encore bien plus soulagée, je gagnais 2 semaines. 

J'avais donc hâte d'aller manger un petit quelque chose avec Céline en sortant de l'hôpital d'Amos. J'étais quasiment euphorique de toutes ces bonnes nouvelles après avoir cru que ça allait être pire que ça, je me trouvais chanceuse dans ma malchance. Et c'est l'attitude que j'ai eue depuis ce temps-là. Je me débrouille quand même bien pour faire toutes mes choses, c'est seulement que je suis beaucoup ralentie.

J'ai donc passé une semaine merveilleuse de convalescence au Festival du cinéma. Mon amie Chantale est venue une journée à l'avance comme on l'avait planifié, comme on l'avait rêvé depuis des mois qu'on attendait ce moment qui nous rassemble chaque automne. Elle a été ma proche aidante le temps qu'elle était chez moi et tout au long du Festival, c'était sympathique et joyeux. Et puis, on a trinqué ensemble pour nos retrouvailles, c'est là que la bouteille de vin sauvée de la catastrophe nous a porté bonheur. 

Pendant ce mois que j'ai passé en béquilles et qui s'achève, j'ai quand même pris des leçons que je devrai apprendre à mettre en pratique. D'abord, apprendre à demander de l'aide, ce qui est très difficile pour moi. Ce n'est pas seulement de l'autonomie chez moi, je crois que j'ai poussé ça à l'extrême depuis toujours, qu'il y a sans doute pas mal d'orgueil mal placé là-dedans... Ensuite, je devrais ralentir le rythme, c'est vrai que je m'en demande beaucoup, J'ai eu le temps de réfléchir là-dessus pas mal dernièrement. Troisièmement, les maudits voyages de paresseuse, pour aller plus vite, pour gagner du temps, des pas, de l'énergie, être plus efficace, c'est fini. Je m'en fais la promesse à moi-même! 

Et socialement, j'en tire aussi une leçon que j'ai bien le goût de partager. C'était déjà compris pour moi que lorsque je croisais une connaissance qui se déplaçait en béquilles, avec un plâtre, une blessure apparente, je leur disais toujours : « Je ne te demanderai pas ce qui t'est arrivé, tu dois être écoeuré de la conter, mais en as-tu pour longtemps comme ça? » et maintenant, j'en rajoute avec ce petit conseil : Ne leur racontez pas votre histoire à vous, la fois où vous vous étiez fracturé la cheville, le bras, la clavicule, le tibia, on n'en peut plus à la longue d'entendre ces mésaventures et de voir vos vieilles cicatrices!

Mais y a tellement du bon monde dans le monde comme disait toujours mon cher Papa! J'ai remarqué surtout que beaucoup de personnes, dans des petites villes comme les nôtres, sont sensibles à vouloir nous aider : on nous sourit, on nous demande si on a besoin d'aide, on nous ouvre la porte, on nous offre une chaise, on veut nous sauver des pas, on nous dit un petit commentaire gentil, rigolo et plein de compassion. Il se vit des complicités instantanées avec de parfaits inconnus croisés sur notre route. Ça fait du bien de constater que le monde est bon et la dernière fois que ça m'était arrivé, c'est lorsque j'étais enceinte... ça fait 30 ans!

Maintenant que toutes ces leçons ont porté fruit, je peux tu vous dire que j'ai hâte au 21 novembre pour retourner à l'hôpital d'Amos voir l'orthopédiste et qu'on m'enlève ce maudit plâtre!!!

mercredi 19 octobre 2016

D'ENFANCE D'HIER ET D'AUJOURD'HUI



D'ENFANCE D'HIER

Ce sont mes cousines Lise et Raymonde qui m'ont fait parvenir cette photo de nous trois dont elles m'avaient parlé quand nous nous sommes vues début septembre dernier, au mariage d'une autre de nos cousines. En fait, je ne me rappelais pas du tout de cette photo de « nos petites robes de velours » et c'est lorsque Lise me l'a fait parvenir en fin de semaine que tout m'est revenu.  Quel beau cadeau elles m'ont fait, quels merveilleux souvenirs sont rattachés à cette photo où Lise et moi avions 7 ans et Raymonde, 5 ans. 

Ces quelques mois où j'habitais chez elles durant la semaine, de septembre à décembre, resteront à tout jamais gravés dans ma mémoire d'enfant. À ce moment-là, mon père travaillait à la mine Orchan à Matagami, il habitait dans une « bunkhouse » avec d'autres mineurs comme lui et il revenait à La Sarre les fins de semaine. C'était en attendant qu'il se qualifie pour avoir ce qu'on appelait à l'époque « une roulotte de la mine ». 

Maman avait vendu notre maison à La Sarre, elle était retournée habiter chez ses parents dans la grande maison du Rang VII  avec mes deux petits frères (2 ans 1/2 et 6 mois) et moi, comme j'allais à l'école durant la semaine, je restais en pension chez mon oncle Raymond et ma tante Yvonne. Pour ces quelques mois, et pour mon plus grand bonheur, j'avais deux soeurs avec lesquelles j'avais tant de plaisir, Lise et Raymonde. 

Mon oncle Raymond travaillait fort et quand il arrivait pour souper, malgré la fatigue, il jouait avec nous autres comme s'il avait eu notre âge. Il nous faisait tout le temps rire, mon oncle Raymond, il était tellement drôle et joueur de tours. Et puis, il était amoureux fou de ma tante Yvonne. Je le comprends, elle était tellement belle... 

Ma tante Yvonne était si féminine, si complice avec nous, si douce. Elle cuisinait tout ce qu'on aimait, elle coloriait avec nous autres, à la même table, en nous chantant des chansons, en nous racontant des histoires vraies, pas des histoires dans des livres là, des vraies histoires des Îles de la Madeleine qu'elle avait entendues là-bas ou ici. Elle était habile de ses mains, pour créer, décorer la maison, coudre, tricoter, crocheter et faire des merveilles avec rien. Elle savait nous faire plaisir, avoir une attention pour chacune de nous. Moi, encore aujourd'hui, quand je fais un gâteau blanc avec un glaçage blanc et des petits bonbons de couleurs dessus, je pense à ma tante Yvonne!  

Avec mes cousines, jamais de chicane. Ma tante Yvonne n'aurait pas enduré ça. Elle voulait qu'on s'aime. Et on s'aimait beaucoup. 

Elle nous a montré à jouer au catalogue! Vous souvenez-vous quand on recevait le catalogue de Noël de Sears? C'était la fête! Ma tante Yvonne nous assoyait toutes les trois ensemble et nous disait de tourner les pages tranquillement et de mettre le doigt tout de suite sur ce qu'on voulait que le Père Noël nous apporte! Des heures de plaisir... 

À l'approche de Noël cette année-là, on voyait bien lorsqu'on rentrait de l'école, Lise et moi, que ma tante se dépêchait de ranger ses tricots et se mettait tout de suite à brasser son souper. Raymonde venait nous rejoindre et ne semblait pas savoir elle non plus ce que sa mère tramait en notre absence. 

Et puis, à Noël, on l'a su... Sous le sapin, Lise, Raymonde et moi, on avait une boîte faite sur la longueur du même format exactement et joliment emballée. Ma tante Yvonne voulait qu'on les ouvre toutes les trois en même temps. Chaque fois que je reparle de ça avec mes cousines, elles rient aux larmes et moi, je pleure de bonheur.

Dans chaque boîte vide de papier ciré qu'elle avait récupérée, il y avait au fond un petit bébé tout nu et par-dessus il y avait toute une garde-robe qu'elle avait crochetée : des robes, des jupes, des chapeaux, des petits souliers avec une gance, des manteaux, des tuques, des foulards et même un petit sac à main coordonné. Pendant combien de semaines elle avait passé tous ses temps libres à nous crocheter pareils cadeaux? Je ne le saurai jamais mais chacune de nous avait son bébé avec les vêtements qu'il fallait pour l'habiller chic. Comme nous, quand elle nous habillait avec nos petites robes de velours! 

Aux vacances de Noël cette année-là, Papa est revenu de Matagami avec une bonne nouvelle : on avait enfin eu une roulotte de la mine! On est déménagés à Matagami, sur la rue Rupert, après le Jour de l'An. J'étais de retour avec ma famille maintenant réunie, dans une nouvelle ville minière qui se construisait, dans une nouvelle école temporaire en attendant que la vraie école soit construite et je ne connaissais personne. 

Papa avait dit un bon mot à la mine pour mon oncle Raymond et mon oncle Edwin qui ont été embauchés tous les deux et j'ai retrouvé mes cousins cousines à la fin de l'année scolaire, ils venaient d'emménager eux autres aussi dans une roulotte de la mine sur la même rue que moi. Ce n'est pas tant que ça un coup de chance, il n'y avait pas beaucoup de rues à l'époque, à Matagami!

Retour en 2016 : Dimanche dernier, j'avais à souper chez moi ma petite famille, dont mes deux petites-filles et même que Félixe avait son amie Mara avec elle. Comme j'avais reçu par erreur dans mon publi-sac deux catalogues de Noël, il m'est venu une idée. Je leur ai proposé de jouer au catalogue comme ma tante Yvonne nous le suggérait dans le temps que j'avais 7 ans, comme elles aujourd'hui. À ma grande surprise, ça marche encore tellement, ce jeu-là. Félixe et Mara ont eu tellement de plaisir, chacune avec son catalogue, à tourner les pages et choisir ce qu'elles allaient « commander ». La seule différence, c'est que dans le temps, on faisait attention au catalogue, jamais on n'aurait déchiré les pages ou encerclé au crayon un jouet. Aujourd'hui, les deux filles m'ont demandé d'avoir un gros surligneur pour encercler leurs jouets préférés! 

ET D'AUJOURD'HUI



Mamie, Félixe et Blanche, à la bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda, un dimanche de septembre dernier. 


Blanche, 2 ans, avec son papa Dominic, à la bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda. 


La première visite de Blanche à la bibliothèque a été un véritable succès!



J'en ai parlé souvent, depuis que Félixe a 3 ans, je vais la chercher à la garderie ou à l'école maintenant, une fois par semaine, pour notre sortie de filles à la bibliothèque et c'est toujours un bonheur, tant pour elle que pour moi. 

Depuis un petit bout de temps, Félixe me demande quand est-ce qu'on va amener sa petite soeur avec nous et moi, je lui réponds que lorsqu'elle aura 3 ans, on ira toutes les trois ensemble parce qu'il faut qu'elle soit capable de suivre une histoire quand on la lui raconte, qu'elle doit comprendre aussi qu'il ne faut pas faire de bruit pour suivre les consignes comme une grande. Félixe comprend tout cela mais elle me dit qu'elle a très hâte de partager nos sorties de filles avec sa petite soeur. 

Un dimanche de septembre dernier, on jouait dehors chez elles et j'avais invité Dominic et les petites à dîner pendant que ma fille donnait un spectacle à La Sarre, en avant-midi, pour jeune public, dans le cadre des Journées de la culture. 

Comme on s'apprêtait à aller dîner, Isabelle téléphone à Dominic et en apprenant qu'on va dîner ensemble, elle nous supplie de l'attendre, que ça lui prendra une petite heure pour s'en revenir de La Sarre et elle viendra nous rejoindre. Alors, on a cherché comment occuper cette petite heure, la pluie venait tout juste de commencer, ça ne nous tentait plus de jouer dehors. 

J'ai pensé à la bibliothèque! Dominic était d'accord. Les petites sautaient de joie. Blanche ne savait pas trop de quoi on parlait mais elle sautait de joie quand même, elle imite toujours sa grande sœur. On s'est dit que pour une première fois dans son cas, une visite rapide allait peut-être suffire, histoire de s'apprivoiser un peu à ces consignes de calme et de presque silence, à cet univers rempli de livres et de jouets.

Félixe faisait sa grande et voulait accompagner sa petite soeur au royaume des découvertes. Mais Blanche n'avait aucune envie d'avoir un guide, elle était dans un état d'émerveillement qui faisait plaisir à voir. Elle a pris quelques livres à sa hauteur et elle voulait tous les « lire ». Elle se promenait en essayant toutes les chaises, toutes les tables, en répétant sans cesse « Wowwwwww », tant et si bien qu'à la fin, elle oubliait de parler tout bas et il fallait la surveiller pour qu'elle n'amène pas tous les livres à sa hauteur sur la table qu'elle avait choisie. On a eu de la misère à la suivre un peu mais on a vu que lorsqu'elle aura 3 ans, elle sera très intéressée elle aussi par nos sorties de filles à la bibliothèque. 

En plus, elle a charmé tout le monde qu'il y avait là, les clients comme les dames qui sont aux prêts de livres au premier étage. Ces dames qui nous connaissent bien pour nous voir ensemble toutes les semaines ont bien deviné qu'il s'agissait de la petite soeur de Félixe mais elles s'en sont informées auprès d'elle, parce qu'elles voyaient bien la ressemblance et la complicité entre les deux petites soeurs.

Ah si vous aviez vu la fierté de Félixe de leur présenter Blanche et leur dire que l'année prochaine, elle sera abonnée elle aussi à la Bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda parce qu'elle aime vraiment beaucoup les livres!

dimanche 2 octobre 2016

Suite du billet précédent

Quand je vous disais qu'on a été complètement happés par toutes sortes d'émotions à la suite de la présentation de l'avant-première de ce film de mon histoire, « Des Îles de la Madeleine à l'Île Nepawa »...

C'était le 4 septembre dernier, à l'Île Nepawa, et depuis ce temps, les événements s'enchaînent et se bousculent à un rythme effréné, au point où j'avais oublié qu'on avait été interviewés, plusieurs d'entre nous, dont ma mère, mon oncle Eddy, le frère de mon père, des amis et parents également ainsi que moi-même, par TVC9 qui en a fait un reportage qui vous en donne un aperçu.

Vous allez voir ce que ça donne quand Zoreilles est émue! Mais ma mère était encore plus émue que moi, ça se voit et ça s'entend!

https://vimeo.com/184433581

Également, dans la foulée du lancement du documentaire, au Centre d'archives régional des Îles, on va créer un fonds d'archives à mon nom avec tout ce que j'avais laissé au Musée de la mer, en juin 2012, dont la bio de ma grand-mère maternelle. 

Et parce que les technologies de l'époque où j'avais réalisé les entrevues qui ont mené à cette bio de ses récits et ses souvenirs, en 1993, j'ai décidé de tout reprendre depuis le début, sans changer la moindre virgule de ce que ma grand-mère racontait, mais en retouchant la mise en page, en ajoutant des photos d'époque et autres mises à jour devenues nécessaires, entre autres par le fait de les avoir conservés, ces vieux fichiers informatiques de 1993, sur une disquette 3.5.

Et j'ai terminé ce document ce matin!

Si ça vous intéresse de lire « Rencontres avec elle - Éva Poirier 1904-1993 » donnez-moi votre adresse courriel et je vous ferai parvenir ce fichier de 3.5 Mo qui contient 52 pages couleur avec une quinzaine de photos environ.